avril 29, 2026
Fédération anarchiste : Objectifs et principes

War Commentary Volume 4 – Numéro 13 – Mai 1943

Objectif

L’établissement d’une société anarchiste qui rendra impossible l’émergence d’une classe privilégiée ainsi que l’exploitation et l’oppression de l’homme par l’homme. La Fédération anarchiste prône donc le libre accès à la terre, à l’industrie et à tous les moyens de production et de distribution sur la base de la coopération volontaire.

Lutte des classes

La lutte des classes est nécessairement inhérente à la société gouvernée, et[,] par conséquent[,] la classe exploiteuse et la classe ouvrière n’ont aucun intérêt commun. Pour les travailleurs, la solidarité avec leur propre classe[,] tant au niveau national qu’international[,] est la considération fondamentale[virgule supprimée] qui doit primer sur toutes les autres.

L’État

Nous sommes[,] par conséquent[,] opposés à tous les monopoles du pouvoir qui maintiennent la division de la société en une classe dominée et une classe dominante. De même, nous nous opposons à tous les moyens qui servent à maintenir la société divisée en classes — le parlement, le système juridique, la police, les forces armées, l’Église, etc. Tous ces moyens sont l’expression de l’État, qui existe toujours pour protéger les intérêts d’une minorité privilégiée, par exemple les capitalistes, les propriétaires fonciers, les bureaucrates, etc. Nous sommes[,] par conséquent[,] irrévocablement opposés à l’État.

Militarisme, nationalisme, impérialisme et guerre

Nous nous opposons au militarisme car les forces armées sont utilisées par la classe dirigeante pour maintenir sa domination de classe.

Les frontières nationales étant les lignes de démarcation entre les sphères d’intérêt des classes dirigeantes, elles ne peuvent que constituer un frein aux aspirations naturelles des travailleurs. C’est pourquoi, contre le nationalisme et son expression coloniale, l’impérialisme, nous appelons les travailleurs à manifester leur solidarité les uns envers les autres en détruisant les barrières artificielles qui permettent aux classes dirigeantes d’exploiter leur méthode traditionnelle de « diviser pour régner ».

Nous nous opposons à la guerre en tant que résultat du choc des intérêts d’impérialismes rivaux. Puisque les empires n’existent que pour servir les intérêts des classes dirigeantes, les guerres menées pour leur extension ou leur défense n’ont rien de commun avec les intérêts des travailleurs. Les rivalités entre les composantes nationales de la classe dirigeante devraient être utilisées par les travailleurs à leur propre avantage, en menant la lutte des classes avec plus de vigueur à un moment où les masses populaires sont contraintes de verser leur sang dans l’intérêt de leurs maîtres. Le sentiment nationaliste suscité par la guerre est le moyen le plus efficace employé par la classe dirigeante pour tromper les travailleurs et dissimuler la lutte des classes sous-jacente.

Nous dénonçons et rejetons le slogan simpliste « Démocratie contre fascisme ». Sous la « démocratie » capitaliste, la classe dirigeante s’est partout montrée prête à transiger avec le fascisme plutôt qu’à faire des concessions aux travailleurs. En Espagne, les forces de la « démocratie » bourgeoise, aidées par les staliniens et les socialistes, ont étouffé la révolution sociale sous le couvert de ce slogan perfide et ont ainsi vidé de sa substance la seule résistance efficace au fascisme : l’action directe spontanée des travailleurs armés. Plutôt que d’affronter la révolution, la « démocratie » s’alliera au fascisme ; mais tant au niveau national qu’international, seule la révolution sociale peut vaincre le fascisme.

Action directe

La victoire dans la lutte contre la domination de classe ne peut être obtenue que par l’action directe des travailleurs eux-mêmes. Nous rejetons toute activité parlementaire et similaire, car elle détourne les travailleurs de la lutte des classes vers des voies de collaboration de classe.

Organisation des travailleurs

Étant donné que l’action directe menée par des individus ne produit que des résultats partiels et insuffisants, il est nécessaire que la classe ouvrière s’organise collectivement. Les anarchistes prônent l’organisation des travailleurs en syndicats syndicalistes, libres des divisions par métier et de la bureaucratie des syndicats traditionnels. Alors que les syndicats traditionnels cherchent à être des institutions permanentes de négociation salariale, le syndicalisme lutte pour l’abolition du système salarial [virgule supprimée] et la destruction des rapports de propriété de la société existante. Pour ce faire[,] les travailleurs doivent s’organiser sur les lieux de travail.

Syndicats et reconstruction

Les comités d’atelier seront fédérés en syndicats industriels. Ces syndicats industriels seront en mesure de contrôler chaque industrie lorsque les travailleurs auront mis la classe patronale en lock-out et d’administrer la production et la distribution au nom de la communauté. Toutes les branches industrielles coopéreront alors au sein d’une Fédération du travail, contrôlant et coordonnant l’ensemble de l’économie de la société. La production sera libérée de l’esclavage salarial et de la recherche du profit, et toute l’énergie du travail sera orientée vers la satisfaction des besoins humains. Il n’y aura ni capitalisme ni État.

Révolution sociale

Alors que la guerre impérialiste s’éternise[,] il est temps que les forces dispersées de la révolution mondiale redoublent d’efforts pour se préparer à faire face à l’effondrement social en adressant ce message révolutionnaire aux travailleurs : pas de compromis avec les forces du réformisme ou de la réaction. Organisation pour la révolution sociale : Anarchisme


Source (en anglais) : http://archivesautonomies.org/spip.php?article6415

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