
Illustration : nouvelle fresque de Black Lines, dessinée ce dimanche à Paris par le graffeur Deace Oner Deace.
Des lycéens réclamaient des professeurs, des tables, des bâtiments qui ne s’effondrent pas, qu’on chauffe l’hiver. On leur a répondu par des gaz, des matraques, des LBD. À Tours, un adolescent de seize ans a perdu l’usage d’un œil. Dans le Val-d’Oise, un gamin de quatorze ans a eu la mâchoire fracassée par un tir à bout portant. Ailleurs, des milliers d’interpellations, des gamins de quinze ans en garde à vue, et des préfets qui interdisent de se rassembler devant les lycées fermés.
Derrière l’armée de robocops lâchée sur la jeunesse, il y a une économie politique. On saigne l’école pour tenir les budgets. On trie les vies avec Parcoursup. On protège les rentes d’en haut pendant qu’on déclare superflues certaines vies en bas. La matraque n’est que le dernier mot d’un système qui n’a plus rien d’autre à proposer à ses enfants que le chaos mortifère.
Une société qui terrorise et mutile sa jeunesse pour la faire taire a-t-elle encore le droit de parler d’« ordre » ? Et nous, que valent notre silence et notre confort, quand d’autres paient de leur corps le prix de cet ordre ?
Honte à ce régime. Honte à celles et ceux qui l’applaudissent ou s’en font complices en détournant les yeux.
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