octobre 3, 2026
Financement de la campagne présidentielle

« Banque de la démocratie » ? Arnaque de la Macronie !

Sous prétexte de « lutter contre les ingérences étrangères », une proposition de loi souhaite faciliter l’obtention de prêts pour venir financer les campagnes des partis candidats aux élections présidentielles. Loi qui, dans le contexte actuel, reviendrait à soutenir financièrement l’extrême droite. Explications.

C’est un serpent de mer depuis ­l’élection de 2017 qui a même fait ­l’objet d’un projet de loi déposé le 28 avril 2026 par un député Les Républicains. Mais ce projet a un seul but : sauver le Rassemblement national (RN) qui a terminé l’année 2025 – malgré 15 millions d’euros de subventions publiques – avec une déficit record de 13,7 millions d’euros pour un retour à l’équilibre prévu initialement en 2027.

Mais c’était avant les multiples condamnations pour détournements de fonds : le parti anti-européen est notamment plombé par le remboursement au Parlement européen de 5,4 millions d’euros auxquels s’ajoute une amende d’un million d’euro dans la même affaire. De plus les frais d’avocats sont exorbitants : plus de 2 millions d’euros en 2024 ! Pour continuer à pouvoir boire du champagne à nos frais, il fallait bien un ancien banquier pour promouvoir une « banque de la démocratie » pensée sur le modèle de la banque des territoires. En effet, comme l’affirmait Marine le Pen le 19 août, « la dette, c’est pas virtuel » et les banques françaises – n’ayant aucune confiance dans les capacités financière de son parti – refusent donc de prêter.

Cette conception de la démocratie bourgeoise basée sur le pouvoir des riches porte un nom : la ploutocratie, à l’inverse de la démocratie directe prônée et mise en œuvre par les libertaires. D’ailleurs, Daniel Guérin dans la préface de 1945 de Fascisme et grand capital écrivait déjà : « le fascisme est le produit spécifique du capitalisme dépérissant, de la crise du système capitaliste devenue permanent ». En n’envoyant pas Marine Le Pen en ­prison et en jouant son va tout pour que le Rassemblement national puisse se présenter, la bourgeoisie joue la même partition qu’au siècle dernier quand l’industrie lourde finançait le NSDAP, ou parti nazi, pour écraser le prolétariat d’Allemagne.

Pendant l’année électorale lancée par le congrès du RN à Orléans les 24 et 25 octobre qui se terminera probablement en juin avec les législatives, nous aurons un rôle particulier de résistance à l’extrême droite qui va bien au delà de le priver de ses financements en luttant contre ce projet de loi de « banque de la démocratie ». C’est par l’organisation de notre camp social, singulièrement à travers les syndicats de transformation sociale ainsi qu’en développant des collectifs départementaux de Vigilance et initiatives syndicales antifascistes (VISA) que nous rendrons la monnaie de sa pièce au système capitaliste.

« L’antifascisme ne triomphera que s’il cesse de traîner à la remorque de la démocratie bourgeoise » développait notre camarade dans son livre phare. Voilà le programme que nous développerons dans les mois à venir.

Nicolas (UCL Tours)


Souce : UCL Tours

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