août 10, 2026
Détruire les alliances, construire des complicités

Je relaie ici un texte qui tape juste sur une dérive que je croise partout dans les milieux militants ces dernières années : la figure de l' »allié.e », devenue à la fois une injonction morale et une posture individuelle vidée de tout projet politique commun.

Le texte le montre bien : à force de faire de la déconstruction personnelle le cœur de la lutte, on finit par remplacer un rapport de force collectif par une quête de pureté individuelle — chacun.e occupé.e à « checker ses privilèges » plutôt qu’à construire ensemble. C’est une critique qui résonne avec ce que Bookchin pointait déjà dans l’écologie sociale : une addition de luttes sectorielles, aussi légitimes soient-elles chacune, ne fait pas un projet politique. Sans perspective unifiante — sans horizon commun de transformation de la totalité sociale — les combats contre les dominations particulières restent juxtaposés, parfois même concurrents entre eux, au lieu de converger. C’est justement ce que les perspectives communalistes de l’écologie sociale proposent : relier toutes ces luttes dans un mouvement émancipateur commun, pour faire monde autrement.

Les autrices proposent de sortir de la logique allié.e/concerné.e pour penser plutôt en termes de complicité : un engagement réciproque, partagé, dans une même histoire — celle de vouloir détruire ce monde-là, ensemble. Reste alors la vraie question, celle qui nous occupe ici : par quoi le remplacer ? Quelles institutions, quelles formes d’organisation concrètes pour qu’un autre futur soit possible — et pas seulement désirable.

Bonne lecture.

Source : VALLÉES EN LUTTE ➡ Brochure « Les bon.nes allié.es nous cassent la tête – détruire les alliances, construire des complicités »

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